Possibilités : les bienfaits considérables de la vaccination

L’histoire de la vaccination fait souvent la une des journaux en raison de ses avantages remarquables pour la santé, car elle permet de sauver des millions de vies et d’éviter des maladies et des hospitalisations. Toutefois, le véritable impact de la vaccination est bien plus étendu, se faisant ressentir dans de nombreux domaines de la vie de chacun, allant de l’aide à la croissance et au développement de la petite enfance à l’amélioration des résultats scolaires et de la productivité, en passant par la promotion de la stabilité économique. De plus elle aide à combler les écarts d’égalité. Il est de toute évidence impossible de nier l’importance de la vaccination.

Pour cette Semaine mondiale de la vaccination, les rédacteurs en chef de VoICE soulignent certains grands avantages de la vaccination, celle-ci n’aidant pas seulement à prévenir les maladies et à sauver des vies, mais favorisant aussi un développement sain, la productivité, la stabilité économique et l’égalité pour tous.

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MESSAGES CLÉS

1) Se focaliser uniquement sur l’impact direct de la vaccination sur la morbidité et la mortalité réduit fortement les bienfaits au sens plus large de la vaccination sur la santé et le développement en général

2) Plusieurs études montrent que la vaccination peut accroître la productivité en prévenant les maladies évitables.

3) Les vaccins sont associés à une amélioration des capacités cognitives, de l’éducation et d’un développement physique sain, ce qui se traduit par une augmentation de la productivité économique

4) Les maladies évitables par la vaccination touchent de manière disproportionnée les enfants et les familles les plus pauvres, mais la vaccination peut être un outil rentable pour améliorer l’égalité entre les régions, les sexes et parmi les populations marginalisées


LA PRÉVENTION DES PANDÉMIES FAVORISE LA STABILITÉ ÉCONOMIQUE

La communauté internationale de la santé est maintenant confrontée à un défi sans précédent en raison de la pandémie de COVID-19. Alors que les pays du monde entier tentent de ralentir la propagation du virus, cet événement nous rappelle fortement l’importance vitale de la vaccination. Nous constatons aujourd’hui à quel point une épidémie de maladie infectieuse peut ravager les économies nationales et mondiales. Les vaccins sont des outils importants qui permettent d’éviter les coûts sanitaires pouvant être catastrophiques en cas d’épidémies de maladies infectieuses évitables. Plusieurs études montrent que les vaccins peuvent apporter une stabilité supplémentaire aux économies nationales en évitant les coûts élevés résultant des maladies.

  • Une étude réalisée en 2009 en Afrique a révélé une perte économique de 43 à 72 millions de dollars américains résultant des 110 837 cas de choléra signalés en 20071.
  • Les chercheurs qui ont modélisé les coûts d’une éventuelle pandémie de grippe au Royaume-Uni ont estimé les coûts de la maladie entre 8,4 et 72,3 milliards de livres sterling, selon la gravité du taux de mortalité, ce chiffre pouvant être plus élevé dans le cas d’une pandémie extrême. Dans un tel scénario, la vaccination pourrait limiter l’impact économique global des pandémies2.

LES VACCINS AIDENT À PROMOUVOIR LA PRODUCTIVITÉ

La productivité, qui est la mesure de ce que produit un travailleur ou une population, est un facteur déterminant du niveau de vie. En prévenant la maladie, la vaccination peut aider à promouvoir la productivité en favorisant un développement cognitif sain et la réussite scolaire, permettant ainsi aux enfants d’atteindre leur plein potentiel tout au long de leur vie.

  • Une étude longitudinale menée en 2019 a suivi près de 6 000 enfants en Inde, en Éthiopie et au Vietnam tout au long de leur enfance. Elle a révélé que les enfants vaccinés contre la rougeole obtenaient de meilleurs résultats aux tests cognitifs de développement du langage, de mathématiques et de lecture par rapport à ceux qui n’étaient pas vaccinés contre la rougeole 3.
  • Dans le cadre d’une étude réalisée en 2011 aux Philippines, les enfants vaccinés contre six maladies obtenaient des résultats considérablement meilleurs en raisonnement verbal, en mathématiques et en tests linguistiques par rapport aux enfants non vaccinés4.
  • Les maladies évitables par la vaccination entraînent à la fois l’absentéisme au travail et à l’école, ce qui peut nuire à la productivité et représenter un poids économique considérable. Une étude norvégienne a révélé que les enfants hospitalisés pour rotavirus étaient absents de la garderie pendant 6,3 jours en moyenne, et 73 % des parents de ces enfants ne pouvaient pas se rendre sur leur lieu de travail5.

LES VACCINS FAVORISENT UNE CROISSANCE ET UN DÉVELOPPEMENT SAINS DES ENFANTS

Certaines maladies évitables par la vaccination peuvent retarder ou interrompre la croissance et le développement normaux de la petite enfance, entraînant des dommages durables qui peuvent nuire aux enfants pour le restant de leur vie. Des infections persistantes ou récurrentes au cours de la petite enfance peuvent entraîner une croissance médiocre et un retard de croissance, qui à leur tour peuvent avoir des répercussions négatives sur la santé, les capacités cognitives et la productivité économique une fois adulte.

  • Les programmes de vaccination des enfants peuvent être un outil permettant d’atténuer la sous-nutrition dans les pays en voie de développement. Selon les résultats d’une étude réalisée en Inde sur des enfants de quatre ans, les enfants inscrits aux programmes universels de vaccination présentent des améliorations en ce qui concerne la taille et le poids appropriés en fonction de l’âge. En moyenne, les déficits de taille et de poids ont été réduits respectivement de 22 à 25 %, et de 15 %6.
  • Une étude réalisée au Kenya a révélé que la vaccination contre la poliomyélite, le BCG, le DTC et la rougeole avait des effets protecteurs contre le retard de croissance chez les enfants. Chez les enfants de moins de deux ans, les enfants vaccinés contre la poliomyélite, le BCG, le DTC et la rougeole étaient 27 % moins susceptibles de présenter un retard de croissance par rapport aux enfants non vaccinés7.
  • Une étude effectuée en 2013 dans plusieurs pays en voie de développement a montré que les enfants atteints de diarrhée modérée à sévère avaient nettement moins grandi au cours des deux mois suivant une maladie, par rapport au groupe témoin d’âge et de sexe identiques8.
  • La modélisation des données de l’Enquête nationale sur la santé des familles de 2005-2006 en Inde a indiqué que les vaccinations contre le DTC, la poliomyélite et la rougeole étaient des indicateurs prévisionnels positifs significatifs de la taille, du poids et de la concentration d’hémoglobine d’un enfant. Ces indicateurs, à leur tour, influent sur le développement cognitif des enfants et, de fait, sur l’offre future de main-d’œuvre qualifiée, cette dernière étant essentielle à la croissance économique9.

 

LUTTER CONTRE LES INÉGALITÉS EN MATIÈRE DE VACCINATION PEUT AVOIR DES AVANTAGES CONSÉQUENTS

Bien que d’immenses progrès aient été réalisés concernant la mise en place et l’accroissement de l’accès à d’importants vaccins, il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine. Il existe des preuves significatives d’inégalités concernant la couverture vaccinale entre et au sein des pays et différentes populations. Dans les pays où Gavi apporte son aide, on estime encore à 10,4 millions le nombre d’« enfants à dose zéro » qui n’ont reçu aucune dose du vaccin du DTP.

  • Les résultats d’une étude menée en 2019 au Kenya ont révélé que la vaccination des populations éloignées ou difficiles d’accès peut encore être très rentable. L’étude a constaté que le fait de ne pas vacciner contre la rougeole les enfants difficiles à atteindre entraînerait plus de 1 400 cas de rougeole, 257 décès, et coûterait près de 10 millions de dollars américains sur une période de quatre ans, principalement en raison des pertes de productivité dues à l’absentéisme professionnel des soignants 10.
  • Une étude de 2018 a révélé que les enfants de travailleurs migrants pauvres vivant à Delhi, en Inde, sont beaucoup moins susceptibles d’être totalement vaccinés par rapport à la population générale et sont donc plus exposés aux maladies évitables par la vaccination. Seulement 31 à 53 % des enfants issus de familles migrantes étaient totalement vaccinés (contre sept maladies) à l’âge de 12 mois, contre 72 % dans l’ensemble de la population de Delhi, les migrants récemment arrivés affichant les taux les plus faibles11.
  • Les chercheurs qui ont examiné la couverture vaccinale dans 45 pays à revenu faible et intermédiaire ont constaté que l’éducation des mères est un bon indicateur prévisionnel de la couverture vaccinale. Les enfants des mères les moins éduquées sont 55 % moins susceptibles d’avoir reçu le vaccin contre la rougeole et trois doses du vaccin DTC par rapport aux enfants des mères les plus éduquées12.

Les données montrent que les vaccins offrent des avantages transversaux pour les individus, les familles, les communautés et globalement pour chacun dans le monde entier. La recherche interdisciplinaire menée sous de nombreux angles de la santé mondiale, démontre que les vaccins sont un outil polyvalent et efficace qui fait bien plus que simplement prévenir des millions de décès et maladies chaque année. Les vaccins profitent aux économies mondiales, stimulent la productivité et aident à combler les écarts en matière d’égalité.

Alors que nous faisons face au COVID-19, la réalité selon laquelle des épidémies de maladies infectieuses peuvent rapidement devenir une menace n’importe où dans le monde met en évidence l’importance d’investir dans la vaccination en tant que partie intégrante de systèmes de santé solides et durables. Alors que les pays du monde entier luttent pour contenir l’épidémie de COVID-19, nous devons également travailler de concert pour veiller à ce que les enfants les plus vulnérables du monde bénéficient des vaccins qui préviennent les maladies dévastatrices comme la rougeole, la poliomyélite, la diarrhée et la pneumonie. Face à ce défi actuel, il est essentiel que nous travaillions ensemble pour protéger les services de santé essentiels, comme la vaccination, afin que tout le monde ait la chance de mener une vie saine et d’être protégé contre les maladies évitables.

Consultez la boîte à outils VoICE pour les réseaux sociaux de la Semaine mondiale de la vaccination 2020 pour obtenir des messages et des images visant à promouvoir les vastes avantages des vaccins. La boîte à outils est également disponible sur le site Internet officiel de la Semaine mondiale de la vaccination 2020.


Références

  1. Kirigia, J.M., Gambo, L.G., Yolouide, A., et al 2009. Economic burden of cholera in the WHO African Region. BMC International Health and Human Rights. 9(8). DOI : 10.1186/1472-698X-9-8
  1. Smith, R.D., Keogh-Brown, M.R., Barnett, T., et al 2009. The economy-wide impact of pandemic influenza on the UK : a computable general equilibrium modeling experiment. BMJ. 339. https://doi.org/10.1136/bmj.b4571
  1. Nandi A, Shet A, Behrman JR, et al. 2019. Anthropometric, cognitive, and schooling benefits of measles vaccination : Longitudinal cohort analysis in Ethiopia, India, and Vietnam. Vaccine. 37. https://doi.org/10.1016/j.vaccine.2019.06.025
  1. Bloom, D. E., Canning, D., & Shenoy, E. S. (2011). The effect of vaccination on children’s physical and cognitive development in the Philippines. Applied Economics, 44(21), 2777-2783. https://doi.org/10.1080/00036846.2011.566203
  1. Edwards CH, Bekkewold T, Flem E. 2017. Lost workdays and healthcare use before and after hospital visits due to rotavirus and other gastroenteritis among young children in Norway. Vaccine. 35. https://doi.org/10.1016/j.vaccine.2017.05.037
  1. Anekwe, T.D., Kumar, S. 2012. The effect of a vaccination program on child anthropometry : Evidence from India’s Universal Immunization Program. Journal of Public Health. 34(4). https://doi.org/10.1093/pubmed/fds032
  1. Gewa, C.A. and Yandell, N. 2011. Undernutrition among Kenyan children : contribution of child, maternal and household factors. Public Health Nutrition. 15(6). https://doi.org/10.1017/S136898001100245X
  1. Kotloff, K.L., Nataro, J.P., Blackwelder, W.C., et al 2013. Burden and aetiology of diarrhoeal disease in infants and young children in developing countries (the Global Enteric Multicenter Study, GEMS) : a prospective, case-control study. Lancet. 382(9888). https://doi.org/10.1016/S0140-6736(13)60844-2
  1. Bhargava, A., Guntupalli, A.M., Lokshin, M. 2011. Health Care Utilization, socioeconomic factors and child health in India. Journal of Biosocial Sciences. 43(6). https://doi.org/10.1017/S0021932011000241
  1. Lee BY, Brown ST, Haidari LA et al. 2019. Economic value of vaccinating geographically hard-to-reach populations with measles vaccine : a modeling application in Kenya. Vaccine. 37(17). https://doi.org/10.1016/j.vaccine.2019.03.007
  1. Kusuma YS, Kaushal S, Sundari AB, et al. 2018. Access to childhood immunization services and its determinants among recent and settled migrants in Delhi, India. Public Health. 158. https://doi.org/10.1016/j.puhe.2018.03.006
  1. Arsenault, C., Harper, S., Nandi, A., et al. 2017. Monitoring equity in vaccination coverage : A systematic analysis of demographic and health surveys from 45 Gavi-supported countries. Vaccine. 5(6). https://doi.org/10.1016/j.vaccine.2016.12.041