Conflits et urgences humanitaires

Le sous-thème Conflits et urgences humanitaires contient des données sur l’importance de la vaccination dans les situations de crise telles que les camps de réfugiés, les zones de guerre et les communautés touchées par des catastrophes naturelles. Les facteurs qui augmentent le risque et la gravité des maladies infectieuses comme la malnutrition, la pauvreté, la surpopulation, les problèmes de santé compliqués et l’accès minimal ou inexistant aux médicaments et aux services de traitement sont courants, et augmentent l’importance des efforts de prévention des maladies comme la vaccination.

7 Key Concepts

Principale donnée probante : Une analyse menée dans les régions d’Éthiopie comptant une forte proportion de réfugiés a mis en évidence un lien entre une couverture vaccinale élevée contre la rougeole et une réduction des taux de malnutrition aiguë (émaciation) chez les enfants de moins de cinq ans. Pour chaque point de pourcentage d’augmentation de la couverture vaccinale contre la rougeole, le taux de malnutrition aiguë a diminué de 0,65 % dans ces régions.

Note des rédacteurs de VoICE : L’analyse a été réalisée sur les données de plus de 150 enquêtes nutritionnelles.

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Principale donnée probante : La malnutrition est l’un des principaux facteurs de morbidité et de mortalité dans les situations d’urgence humanitaire, et il existe une relation cyclique entre la malnutrition et les maladies infectieuses. Il a été démontré que les programmes de vaccination universelle améliorent les marqueurs de mesure de la taille et du poids associés à la malnutrition.

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Principale donnée probante : Pendant le conflit au Yémen, les efforts menés par l’OMS, associés à la coordination entre les partenaires et à l’utilisation efficace des ressources, en particulier GAVI, ont permis de maintenir un taux élevé de couverture avec le vaccin pentavalent, qui n’a diminué que de 3 % entre 2010 et 2015. Le Yémen est également resté exempt de poliomyélite jusqu’en 2015, et a progressivement introduit deux nouveaux vaccins (RR et IPV).

Principale donnée probante : Pendant la crise humanitaire en République arabe syrienne, le soutien constant de l’OMS, de l’UNICEF et des ONG locales a permis de vacciner plus de 90 % des enfants contre les MEV.

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Principale donnée probante : Il a été estimé qu’un calendrier de deux doses de vaccin antirotavirus était rentable en Somalie, où plus de vingt ans de conflits civils ont gravement endommagé le système de santé et où la couverture vaccinale est extrêmement faible. Les chercheurs estiment qu’en 2012, l’utilisation systématique du vaccin antirotavirus, même à de faibles taux de couverture, aurait permis d’éviter près de 25 % des décès dus à la diarrhée à rotavirus chez les enfants somaliens de moins d’un an.

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Principale donnée probante : L’ajout, à la naissance, d’une dose du vaccin contre l’hépatite B à la vaccination systématique des réfugiés en Afrique (qui enregistrent des taux d’infection particulièrement élevés) est un moyen très rentable de réduire la transmission de l’infection, renforçant ainsi la sécurité sanitaire globale au sein de ces populations mobiles et vulnérables.

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Principale donnée probante : Les enfants de moins de cinq ans sont les plus touchés par la mortalité indirecte liée aux conflits (la mortalité indirecte résulte de la perturbation des services de santé, y compris la vaccination, de l’insécurité alimentaire et des conditions de vie à haut risque comme celles que l’on trouve dans les camps de réfugiés). Les principales causes de décès d’enfants dans ces circonstances sont les infections respiratoires, la diarrhée, la rougeole, le paludisme et la malnutrition.

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Principale donnée probante : Les infections respiratoires et la diarrhée sont les principales causes de décès dans les situations d’urgence humanitaire, selon un examen mené en 2016 des maladies évitables par la vaccination et de l’utilisation des vaccins dans les situations d’urgence humanitaire complexes.

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Données clés : Les déplacements massifs de populations lors d’une urgence humanitaire complexe peuvent déclencher une « cascade » de facteurs de risque de flambées de maladies transmissibles, y compris un effondrement des services de santé (tels que les services de surveillance des maladies et de vaccination), une surpopulation (augmentant des taux de transmission des maladies), un manque d’eau, d’assainissement et d’hygiène et l’exposition des populations déplacées à des maladies endémiques contre lesquelles elles ne sont pas immunisées.

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Principale donnée probante : Les enfants réfugiés somaliens au Kenya étaient près de 60 fois plus susceptibles que les enfants du principal groupe ethnique de l’étude (Kikuyu) de ne pas avoir reçu de vaccination infantile et plus de deux fois plus susceptibles de ne pas avoir terminé leur vaccination. Les enfants somaliens représentaient moins de 8 % de l’échantillon, mais près de la moitié des enfants non vaccinés.

Note des rédacteurs de VoICE : Cette étude a utilisé les données de l’enquête démographique et de santé du Kenya.

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Principale donnée probante : Les filles issues de familles de réfugiés au Danemark étaient 40 à 56 % moins susceptibles de recevoir le vaccin contre le VPH dans le cadre de deux programmes de vaccination gratuite que les filles nées au Danemark, et les différences sont demeurées importantes lorsque le revenu a été pris en compte. C’est parmi les réfugiés présents dans le pays depuis moins de cinq ans et ceux issus de certains pays ou régions que la probabilité d’être vacciné était la plus faible, ce qui montre la nécessité de réduire les obstacles culturels, sociaux et informationnels qui freinent la vaccination, et d’évaluer les programmes de vaccination dans des sociétés de plus en plus diversifiées sur le plan ethnique.

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Principale donnée probante : Les tests de dépistage administrés à plus de 300 migrants économiques et demandeurs d’asile nouvellement arrivés en Italie – la majorité d’entre eux venant d’Afrique subsaharienne – ont révélé des taux élevés d’infection chronique au virus de l’hépatite B et de tuberculose latente et active (avec 8 % présentant des signes d’infection en cours ou de tuberculose active). Ces résultats soulignent l’importance du dépistage universel des maladies infectieuses chez tous les migrants nouvellement arrivés.

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Principale donnée probante : Le dépistage des anticorps chez les demandeurs d’asile arrivant en Allemagne a révélé que peu de sous-groupes, comme les personnes du même pays, étaient suffisamment protégés contre la rougeole, la rubéole et la varicelle, et que la majorité des adolescents et des adultes bénéficieraient de vaccinations. Les résultats du dépistage sérologique ont été utilisés pour cibler des groupes spécifiques à haut risque (par exemple, les personnes de certains pays et de certaines tranches d’âge) en vue d’une vaccination visant à réaliser des économies, ce qui s’est avéré efficace dans la gestion des flambées de varicelle dans les centres d’accueil des réfugiés.

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Principale donnée probante : Près d’un tiers des enfants et des adolescents demandeurs d’asile au Danemark n’ont pas été suffisamment vaccinés à leur arrivée, les Afghans et les Érythréens ayant les taux de vaccination les plus faibles. Cela met en avant la nécessité de mener des initiatives ciblant cette population pour promouvoir la vaccination et améliorer l’accès aux services de santé.

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Données clés : Dans une étude modélisant le rapport coût-efficacité des campagnes de vaccination en Somalie (le pays qui comptait le deuxième plus grand nombre de réfugiés en 2012), l’utilisation du vaccin Hib, du VPC10, ou des deux à la fois, s’est avérée être un moyen rentable de prévenir la morbidité et la mortalité excessives dues à la pneumonie chez les jeunes enfants somaliens. Une telle campagne de vaccination pourrait réduire de près de 20 % les cas de pneumonie et les décès.

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Principale donnée probante : Les enfants vivant dans le camp de réfugiés de Yida au Soudan du Sud en 2013 présentaient un taux élevé de pneumonies probablement dues à la malnutrition, à la surpopulation et à un logement inadéquat. À l’aide de ces données, les CDC ont estimé que l’utilisation des vaccins Hib et pneumococciques chez les enfants de moins de deux ans dans le camp serait rentable dans tous les scénarios d’administration évalués. Médecins Sans Frontières (MSF) a fourni des services médicaux à ce camp de réfugiés et a constaté que l’administration de ces vaccins était faisable et efficace dans ce contexte.

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Principale donnée probante : Le conflit actuel en Syrie a provoqué l’effondrement des services de vaccination, entraînant des flambées de maladies évitables par la vaccination dans la région et la réapparition de la poliomyélite en Syrie, pour la première fois depuis 15 ans. Le risque de réapparition de la poliomyélite dans les régions voisines, où la couverture du vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) est faible, menace le succès des efforts déployés à l’échelle mondiale afin d’éradiquer la poliomyélite.

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Principale donnée probante : Les chercheurs qui ont enquêté sur les causes d’une flambée de rougeole au Burkina Faso, qui s’est produite malgré une récente campagne de vaccination de masse, ont constaté que la migration à destination et en provenance de la Côte d’Ivoire était un facteur de risque majeur pour les enfants. Les enfants non vaccinés qui ont développé la rougeole étaient 8,5 fois plus susceptibles d’avoir récemment voyagé en Côte d’Ivoire que les enfants non vaccinés qui n’avaient pas traversé la frontière. Les enfants de retour au Burkina Faso, après un certain temps passé en Côte d’Ivoire, étaient moins susceptibles d’avoir été vaccinés en raison de la faible couverture systématique des vaccins contre la rougeole en Côte d’Ivoire. Inversement, les enfants burkinabè non vaccinés qui sont allés en Côte d’Ivoire puis qui sont revenus, étaient plus susceptibles d’être exposés à la rougeole, et présentaient donc un taux de maladie plus élevé que les enfants qui ne se sont jamais rendus en Côte d’Ivoire.

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Principale donnée probante : Dans une étude portant sur le chevauchement entre les urgences humanitaires complexes et les flambées de maladies, les chercheurs ont constaté que plus de 40 % des situations d’urgence complexes survenues entre 2005 et 2014 étaient associées à une flambée de maladies infectieuses, avec une forte probabilité que la flambée soit évitable par la vaccination.

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Principale donnée probante : L’afflux de réfugiés syriens en Turquie suite à la guerre civile syrienne a entraîné la réapparition de plusieurs maladies infectieuses en Turquie, y compris des maladies évitables par la vaccination, telles que la rougeole (930 cas signalés chez les réfugiés en quatre ans), la tuberculose et l’hépatite A.

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Principale donnée probante : une flambée de poliovirus sauvage s’est déclenchée deux ans après le début de la guerre civile en Syrie et s’est ensuite propagée en Irak, causant au total 38 cas (36 en Syrie). Parmi les facteurs à l’origine de la flambée, mentionnons une baisse de la surveillance de la poliomyélite et de la couverture vaccinale contre la poliomyélite (de 83 % pour trois doses de vaccin oral contre la poliomyélite avant la guerre en Syrie à 47-52 %).

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Principale donnée probante : La situation d’urgence humanitaire au Venezuela, et l’effondrement de son infrastructure de soins de santé primaires qui en a résulté, a provoqué la réapparition de la rougeole et de la diphtérie (qui ont touché de manière disproportionnée les populations autochtones) et leur propagation dans les pays voisins. Cela ouvre la voie à une possible réapparition de la poliomyélite. Le rétablissement de la rougeole en tant que maladie endémique au Venezuela (avec >5 500 cas confirmés) et sa propagation dans les pays voisins menacent le statut d’absence de rougeole.

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Principale donnée probante : L’insécurité résultant d’un conflit armé, d’une instabilité politique ou d’une perturbation sociale augmente le risque de flambées de maladies transmissibles lors d’urgences humanitaires complexes en empêchant l’accès des populations aux services de santé, en perturbant les activités telles que la vaccination et la surveillance qui empêchent la propagation des maladies et en rendant les interventions humanitaires adéquates plus difficiles.

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Principale donnée probante : D’importantes flambées de rougeole se sont produites au Liban et en Jordanie, à la suite d’un afflux de réfugiés syriens qui ont émigré pour échapper au conflit. Au Liban, l’incidence de la rougeole a été multipliée par 200 en un an, à la suite d’une forte migration. En 2012, le nombre de cas de rougeole par million d’habitants, au Liban, était de 2,1 ; ce chiffre est passé à 411 cas par million en 2013.

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