Antibiorésistance

Le sous-thème Antibiorésistance explore l’importance de la vaccination face à la capacité de certaines souches de micro-organismes à développer une résistance partielle ou complète aux antibiotiques, rendant l’antibiotique inefficace pour traiter la maladie. Les infections résistantes aux antibiotiques entraînent des coûts de traitement élevés et peuvent menacer la sécurité d’autrui, ce qui accroît l’importance de la prévention des maladies évitables par la vaccination sujettes au développement d’une antibiorésistance.

7 Key Concepts

Principale donnée probante : Une méta-analyse de la résistance aux antimicrobiens (RAM) chez les populations migrantes en Europe a révélé que 25 % des migrants étaient infectés par des organismes résistants aux antimicrobiens ou en étaient porteurs. Si l’on considère tous les types de migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile étaient plus nombreux (33 %) à être infectés par des organismes RAM ou à en être porteurs que les autres groupes de migrants (7 %).

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Principale donnée probante : Une vaste étude américaine sur les données de surveillance examinant l’impact du remplacement du VPC7 par le VPC13 chez les nourrissons a démontré l’importance de la vaccination dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens. Alors que l’incidence des pneumococcies invasives (PI) résistantes aux antibiotiques augmentait avant l’introduction du VPC13, les PI résistantes aux médicaments ont diminué de 78 à 96 % chez les enfants de moins de cinq ans après l’introduction du vaccin.

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Principale donnée probante : Cette étude menée en Afrique du Sud démontre une diminution significative des cas de pneumococcie invasive causés par des bactéries résistantes à un ou plusieurs antibiotiques. En fait, le taux d’infections résistantes à deux antibiotiques différents a diminué presque deux fois plus que celui des infections pouvant être traitées avec des antibiotiques.

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Principale donnée probante : Suite à l’introduction du VPC7 puis du VPC13 à Madrid, en Espagne, une réduction de 70 % de l’incidence de pneumococcie invasive a été observée chez les enfants de moins de 15 ans. Les pourcentages de souches bactériennes pneumococciques résistantes à la pénicilline et au céfotaxime ont également diminué de façon remarquable. Après l’introduction duVPC13 en 2010, la résistance au céfotaxime a complètement disparu chez les patients atteints de syndromes méningés, tandis que la résistance au céfotaxime et à la pénicilline a chuté jusqu’à des niveaux très bas (<3 %) chez les cas non atteints.

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Principale donnée probante : Des études menées dans plusieurs pays ont montré qu’à la suite de l’introduction du vaccin conjugué contre le pneumocoque, le nombre et le pourcentage de cas de pneumococcie pharmacorésistante chez les enfants et, dans certains pays, chez les adultes, ont diminué en raison des effets collectifs. Au Japon, la proportion de cas de résistance à la pénicilline a été divisée par dix parmi les cas de pneumococcie invasive (passant de 56 % à 5 %), et aux États-Unis, la proportion de cas de résistance à la pénicilline a diminué de 81 % et 49 % chez les enfants de moins de deux ans et chez les adultes de plus de 65 ans, respectivement.

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Principale donnée probante : Une étude sur des patients atteints de drépanocytose au Ghana a révélé que les bactéries pneumococciques trouvées dans le nez et la gorge présentaient des taux élevés de pharmaco-résistance, avec 37 % des échantillons positifs résistants à la pénicilline et 34 % résistants à plusieurs médicaments (typiquement pénicilline + tétracycline + co-trimoxazole).

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Principale donnée probante : Parmi les parents séropositifs et les parents séronégatifs dans une étude menée au Kenya, 99 % des souches de pneumocoques trouvées et testées étaient résistantes à un ou plusieurs antibiotiques. Les parents séropositifs portaient 16 % de plus de souches résistantes à la pénicilline que les parents séronégatifs.

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Principale donnée probante : Deux ans après l’introduction du vaccin 10-valent conjugué contre le pneumocoque (VPC10) au Kenya, le pourcentage d’adultes séropositifs porteurs de bactéries pneumococciques a diminué de façon significative (de 43 % à 28 %), mais pas chez les adultes séronégatifs. Cependant, la réduction du portage des souches pneumococciques présentes dans le VPC10 a diminué significativement chez les adultes séropositifs et séronégatifs. Cette réduction était encore quatre fois plus élevée chez les adultes séropositifs que chez les adultes séronégatifs (2,8 % contre 0,7 %), ce qui indique que le risque de pneumococcie invasive continue d’être considérablement plus élevé chez les adultes séropositifs que chez les adultes non infectés par le VIH.

Note des éditeurs de VoICE : Le portage nasopharyngé est un indicateur du risque de pneumococcie invasive et de pneumonie.

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Principale donnée probante : Une évaluation de la capacité du vaccin conjugué contre le pneumocoque à réduire la fréquence des infections respiratoires et de la consommation d’antibiotiques qui en résulte a été menée auprès de personnes fréquentant des garderies en Israël. On a observé une réduction globale de 17 % de l’utilisation d’antibiotiques chez les enfants qui avaient reçu le vaccin conjugué à 9 valents. En particulier, une réduction de 10 % du nombre de jours d’utilisation d’antibiotiques pour les infections des voies respiratoires supérieures, de 47 % du nombre de jours d’utilisation d’antibiotiques pour les infections des voies respiratoires inférieures et de 20 % du nombre de jours d’utilisation d’antibiotiques pour l’otite moyenne (infections de l’oreille) comparativement aux enfants qui n’ont pas reçu de VCP.

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Principale donnée probante : Plusieurs études ont montré une réduction de 13 à 50 % de l’utilisation d’antibiotiques par les enfants ayant reçu le vaccin antigrippal par rapport aux témoins non vaccinés. Ceci est dû à une diminution des maladies fébriles causées par la grippe (pour lesquelles des antibiotiques sont souvent prescrits de façon inappropriée) ainsi qu’à une diminution des infections bactériennes secondaires nécessitant un traitement antibiotique, telles que la pneumonie et les infections de l’oreille moyenne, qui sont déclenchées par la grippe.

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Principale donnée probante : Dans une étude évaluant l’impact du VPC7 sur 40 000 receveurs et sujets témoins dans le nord de la Californie, il a été révélé que le vaccin pouvait réduire considérablement le besoin d’antibiotiques pour traiter la maladie. Les enfants qui avaient reçu le vaccin ont présenté une réduction de 5,4 % du nombre d’ordonnances d’antibiotiques et une réduction de 12,6 % de l’utilisation « d’antibiotiques de deuxième intention » par rapport aux témoins. De plus, lorsqu’on a examiné les enfants entre la première dose et l’âge de 3,5 ans, le vaccin avait empêché 35 ordonnances d’antibiotiques pour 100 enfants complètement vaccinés.

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Données clés : En Islande, une étude portant sur tous les enfants nés sur une période de 11 ans, avant et après l’introduction du vaccin conjugué contre le pneumocoque (VPC) dans le programme de vaccination national, a révélé une diminution de 6 % de toutes les ordonnances d’antibiotiques pour les enfants au cours de leurs quatre premières années de vie et une réduction de 22 % des ordonnances pour otite moyenne après l’introduction du vaccin. Ainsi, en plus de réduire le fardeau des maladies pneumococciques, le VPC peut également ralentir la propagation de la résistance aux antibiotiques.

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Principale donnée probante : Les vaccins contre la grippe réduisent l’utilisation des antibiotiques qui favorisent la pharmaco-résistance des bactéries de deux façons différentes. Premièrement, ils préviennent les infections bactériennes secondaires causées par la grippe, comme la pneumonie et l’otite moyenne ; en Ontario, au Canada, le taux de prescription d’antibiotiques associés à la grippe a diminué d’environ 64 % après l’introduction universelle du vaccin antigrippal comparativement à d’autres provinces canadiennes où l’utilisation du vaccin est plus limitée. Deuxièmement, ils contribuent à la prévention d’ordonnances d’antibiotiques inappropriées pour des infections des voies respiratoires causées par la grippe et d’autres virus, qui représentent la moitié de toutes les maladies respiratoires pour lesquelles des antibiotiques sont prescrits aux États-Unis.

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Principale donnée probante : Une étude communautaire menée au Vietnam a révélé qu’un pourcentage élevé d’enfants de moins de cinq ans étaient porteurs de bactéries pneumococciques dans le nez et la gorge, qui n’étaient pas sensibles aux antibiotiques couramment utilisés. Parmi les souches testées, 18 % n’étaient pas sensibles à la pénicilline, 26 % n’étaient pas sensibles au céfotaxime, 76 % n’étaient pas sensibles au méropénème et 14 % n’étaient pas sensibles aux trois médicaments « macrolides » (p. ex., l’erythromycine et l’azithromycine). Cependant, 90 % des souches multirésistantes sont des sérotypes présents dans le vaccin 13-valent conjugué contre le pneumocoque (VPC13) et donc l’introduction d’un vaccin devrait augmenter la sensibilité des souches circulantes de la bactérie.

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Principale donnée probante : Les CDC des États-Unis considèrent l’utilisation des vaccins comme l’une des quatre étapes essentielles pour contrôler la propagation de l’antibiorésistance.

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Principale donnée probante : Selon une étude menée auprès d’une population endémique hypothétique, la vaccination à l’aide du vaccin conjugué contre la typhoïde renversera l’augmentation actuelle du pourcentage de porteurs chroniques de la maladie résistants aux antibiotiques, si au moins 50 % de la population cible est vaccinée. Cela épuiserait un important « réservoir » de typhoïde résistante aux antibiotiques.

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Principale donnée probante : Un examen systématique de plusieurs études menées en Inde a révélé qu’avant l’utilisation généralisée du vaccin conjugué contre le pneumocoque, la résistance aux antibiotiques lors d’infections pneumococciques graves chez les enfants indiens était fréquente. La résistance à la pénicilline a été observée dans 10 % des cas de pneumococcie invasive (PI), tandis que la résistance au triméthoprime/sulfaméthoxazole a été observée dans plus de 80 % de ces cas.

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Principale donnée probante : Peu de temps après l’introduction du vaccin contre la bactérie Hib au Royaume-Uni, une diminution des souches résistantes (positives aux ᵝ-lactamases) a été documentée. Aux États-Unis, une diminution de l’utilisation des antibiotiques et de la prévalence des souches de pneumocoques non sensibles aux antibiotiques a été observée après l’introduction des vaccins conjugués contre le pneumocoque, notamment le VPC13.

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Principale donnée probante : Les CDC des États-Unis estiment que les infections pneumococciques résistantes aux antibiotiques aux États-Unis ajoutent 96 millions de dollars aux coûts des traitements chaque année.

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Principale donnée probante : Les coûts et les effets sur la santé du traitement de la typhoïde pourraient bientôt augmenter de façon spectaculaire, puisque la bactérie responsable de la typhoïde devient de plus en plus résistante aux médicaments antimicrobiens oraux les plus efficaces, ce qui nécessite un traitement à base d’antibiotiques intraveineux plus coûteux, et peut entraîner des hospitalisations plus fréquentes pour les cas de suspicion de typhoïde.

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